C'est au Bouthan, petit royaume indépendant de la chaîne himalayenne
situé au Nord de l'Inde que Lama Urgyen Dorje est né (en 1971),
vit, prie et chante. Dans la joie et le bonheur. Il suffit de le croiser pour
découvrir derrière un visage aussi serein que malicieux, un personnage
totalement épanoui.
Lama Urgyen Dorje a grandi dans une culture qui ne ressemble en rien à
l'éducation occidentale, même si à l'âge de six ans,
il est placé dans l'une des rares écoles anglaises qui existent
au Bouthan. Il y restera jusqu'à quatorze ans, découvrant un monde
dont il ignorait tout. C'est là qu'il s'imprègnera, en vrac, de
toutes les formes de musiques occidentales : opéra, symphonies, folk
tout ce qui est musique et son le passionne, le classique comme la country,
il est particulièrement marqué par Hank Williams. Il a commencé
à chanter vers l'âge de sept ans et n'a jamais cessé de
développer son art, tout en recueillant des airs anciens et rares auprès
de grands maîtres et sages chaque fois qu'il le pouvait.
Sa voix haut perchée est d'emblée remarquée par ses professeurs
de chants et il est considéré comme le meilleur chanteur de l'école.
A quatorze ans, il rejoint le collège monastique Dzongsar Khyentse Institute
dans l'est du Bhoutan. Il y restera dix ans et y obtiendra sa maîtrise
de philosophie bouddhiste.
Il passe ensuite un an dans le monastère de Pénor Rinpoche dans
le sud de l'Inde, puis devient le disciple de Ngyoshul Khen Rinpoche, le plus
grand maître dzogchen de notre temps, que Lama Urgyen Dorje considère
comme son maître racine (root guru) et qu'il a servi jusqu'à sa
mort, survenu en France en Août 1999.
Plusieurs des chants les plus émouvants de ce projet sont ceux que son
maître Ngyoshul Khenpo lui a transmis dans les derniers mois de sa vie.
Sa voix et ses interprétations des prières sont très appréciées
par la communauté bouddhiste et bon nombre de Rinpoché qui l'ont
entendu chanter. Couvrant trois octaves, cette voix, singulièrement belle,
agit comme un baume. Si ces chants sont apaisants par leur contenu, ils le sont
aussi par l'interprétation sereine qu'il en donne. Son art est une méditation.
Le bonheur n'est alors plus une question d'état d'âme, mais d'état
d'être.